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René et Henriette Michaud, c’est un pan d’histoire monumental du CA Orsay Rugby Club. Alors qu’ils viennent de raccrocher leur tablier, nous les avons retrouvés au Club House pour discuter de toutes ces années passées au service du Club. Nous les remercions du fond du cœur pour tout ce qu’ils ont donné au club depuis 30 ans.

Quand êtes-vous arrivé au Club d’Orsay ?

René : Nous sommes arrivés en 89 avec le gamin, Florian s’est inscrit en mini-poussins à l’époque. On a fait le choix d’Orsay plutôt que Massy car l’ambiance familiale, bon enfant nous convenait bien. A l’époque il y avait beaucoup de parents qui étaient présents, on a commencé naturellement à donner aussi un coup de main, on s’est « mis aux affaires » très vite !

Henriette : Pour ma part je me suis impliqué dans l’Ecole de Rugby en créant l’APERO (la bien nommée Association des Parents de l’Ecole de Rugby d’Orsay, ndlr) avec Maëlys Bédérède et Martine Toucouère. On était les premières femmes à prendre des responsabilités au Club ! J’étais trésorière et je m’occupais de l’administratif, je faisais les feuilles de match. Tous les samedis, je me faisais engueuler par Alain Gazon, qui était au Comité 91 à l’époque…

René : C’était très macho le rugby à l’époque ! Dans les organisations, on n’acceptait pas tellement les femmes…

De mon côté, ma première implication a été l’organisation du voyage annuel à Pâques. On partait une semaine avec cinquante gamins pour le tournoi de Mimizan dans les Landes, puis on passait une semaine à Vic-Fezensac dans le Gers, grâce à Xavier Pujos qui connaissait le club. C’était grandiose : visite des élevages de canards, d’une Manade qui prépare les taureaux et vachettes de combats, de l’Armagnac… On était logé dans un bâtiment en plein dans les vignes, tous les repas étaient au Club House de Vic. Aujourd’hui tu demandes à cette génération de gamins leur meilleur souvenir, ils te diront tous : « la semaine à Vic-Fezensac ! ». Et les adultes n’étaient pas en reste : on faisait la fête tous les soirs, rincés par le Président. Chaque année, c’est le même chauffeur d’autocar Michel Marquès qui partait avec nous. C’était un passionné, il arbitrait même les matchs des petits et le soir il faisait la fête avec nous. C’est des supers souvenirs, pour les petits comme les grands !

Et le Club House, ça a démarré en quelle année ?

René : Ma première saison avec la responsabilité du Club House c’est 2001-2002 avec Daniel Delbassé. Ensuite j’ai fait une coupure entre 2004 et 2008 – déjà à l’époque j’avais mauvais caractère, encore plus qu’aujourd’hui ! Puis j’ai repris la convivialité en 2008-2009 avec Féfé (Félix Baptista) qui faisait aussi la cuisine.

Henriette : Moi j’ai suivi Florian après l’Ecole de Rugby, Cadets, Juniors puis équipe 3 plusieurs années. Ensuite, il n’y avait plus personne à la buvette donc je l’ai reprise, en 2007-2008 je crois.

René : Pour revenir sur le Club House, il a été rénové en 2003, avant ça on l’appelait la SITA, comme la société des poubelles de Paris… Il faut dire qu’avant d’être le Club House c’était un hangar qui servait à mettre les camions poubelles ! Ensuite ça a servi de vestiaires, il y avait même des douches…

Une petite anecdote pour mon retour aux affaires en 2008. A l’époque, il y avait le « Bar des Vieux » : ça s’arsouillait… Au Comité Directeur, lorsque j’ai annoncé que c’était terminé, ça a jeté un grand froid. Il y a des dirigeants et des joueurs qui m’ont fait la gueule pendant des années !

Faut dire qu’à l’époque c’était quelque chose. Le dimanche tu fermais jamais avant 3h du matin, et il s’en passait des choses…

Par exemple ?

René : Lors du premier repas dans le nouveau Club House, les mecs ont pris une table et ont descendu l’escalier en faisait de la luge. Résultat : ils ont fait un trou dans le mur. Et je crois qu’ils n’étaient même pas bourrés à ce moment-là…

Une autre anecdote avec Alain Fiore, très bon coach, super sympa… mais s’il était chaud c’était quelque chose, un grand fêtard ! Il arrivait au bar, me disait : « René, fais-moi 10 demis ! ». Et il se les versait sur la tête, l’un après l’autre, une vraie douche à la bière.

A l’époque, le lundi matin il fallait bien lacer tes chaussures en rentrant au Club House, parce que ça collait par terre !

Et un grand moment dont vous vous rappellerez ?

Henriette : la saison 2002-2003 où les deux équipes sont allées en finale du Championnat de France c’était quelque chose… On suivait surtout l’équipe B car notre Florian jouait dedans. Il faisait partie des Pampers, ces 5 jeunes qui étaient montés de Juniors lors de cette même saison avec l’autre Florian, Hakim, Yannick, Richard. René était le responsable des bus de supporters d’ailleurs.

René : pour l’anecdote, sur la route pour aller jouer à Malemort, un des deux chauffeurs de car refusait de repartir car c’était trop le bazar. Je suis descendu de l’autre car, j’ai pris le micro : « soit vous faites les c*** mais dans ce cas vous verrez pas le match, soit vous fermez vos g*** et on repart ». Ils étaient gentils comme tout mais c’était des vrais fouteurs de m*** !

Il y a des clubs dont l’accueil vous a marqué ? Dans un sens ou dans l’autre d’ailleurs…

René : on a toujours été bien reçu dans beaucoup d’endroits. J’ai en tête des clubs comme Epernay, Le Creusot – des mecs sensationnels – Arras et les Ch’tis en général, Clamart, Drancy… Il y a des clubs qui te reçoivent simplement mais avec le cœur, comme Antony.

Après des clubs dont l’ambiance est moins bonne… En Île-de-France n’en parlons pas, mais si tu veux un club vraiment pourri (à l’époque en tout cas) il faut aller dans l’ouest de la France ! La mentalité sur le terrain et dans les tribunes c’était quelque chose. Des coups, des cris de singes… C’était vraiment le pire club je crois !

Il y a des joueurs qui vous ont marqué pendant les 30 années que vous avez passées ici ?

René : Oui plein ! Souvent d’ailleurs, ce sont les joueurs qui venaient toquer à la porte d’eux-mêmes. Il y avait Matthieu Legac, un super ouvreur. Il était gardien de la paix aussi, et il était complètement imperméable à la pression. Il nous en a sauvé des matchs… Au début des années 2000, Stéphane Fournier nous a marqué aussi. Jean Montel l’avait fait rentrer à la mairie, c’est lui qui a commencé la « propagande » rugbystique dans les écoles. Un mec magnifique. Ses parents étaient charmants, ils arrivaient les bras chargés de petits fromages de chèvre. C’est comme les parents Puech, qui venaient avec des cartons de bouteilles de Cahors. Leur fils Gaby, c’est un Monsieur. Des mecs comme Popo (François Paubert, NDLR) aussi… Des gars d’une grande simplicité, pas imbus de leur personne.

Et au sein des dirigeants, il y a aussi plein de personnes marquantes à commencer par Paul Tremsal – s’il n’était pas là le club ne serait pas en Fédérale 2 à mon avis – Jean Montel qui a fait énormément pour le club, Jean Fauchier bien sûr, Pierre Jacquemard – un mec très bien, Colette, Claude Carallot, Patrick Bougréau, Didier Oger, Daniel Delbassé et tous les autres… Sans oublier toute la clique convivialité, sans eux on ne fait rien !

Merci à eux tous pour ces bons moments passés !

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